Je veux commencer ce début d’année par un top 10. D’habitude, les chaînes YouTube regorgent de tops dans tous les sens, ça attire du clic et on attend tous le top 1, le meilleur !

Moi, j’ai eu l’idée de ce top suite à un article que j’ai lu il y a quelques mois, sur une dame âgée qui, rentrant de vacances, a retrouvé sa maison squattée, et qui, pour faire fuir les intrus, a tout simplement… Jeté un nid de guêpes à l’intérieur de sa propre maison. Et là, je me suis dit : on est en train d’atteindre un niveau de créativité dans la lutte anti-squat qui mérite un classement officiel. Parce que si la loi ne protège plus les propriétaires, il faut bien se tourner vers ce qu’il reste : l’ingéniosité, l’instinct de survie… Et parfois les insectes. Évidemment, je ne recommande rien d’illégal. La loi est très claire (et surtout, très rapide… quand il s’agit de s’occuper du propriétaire). Disons simplement que ce top sert à observer, avec un léger sourire nerveux, jusqu’où certains sont prêts à aller quand tout ce qui est légal ne marche plus. Voici donc le Top 10 des méthodes réelles, et souvent totalement improbables, utilisées par des propriétaires pour tenter de récupérer leur propre logement. Certaines sont drôles, d’autres désespérées, plusieurs totalement illégales… Mais toutes racontent la même chose : quand la justice s’endort, les propriétaires se réveillent. Place au génie (ou à la folie).

Numéro 10 : les vacances

On démarre gentiment, avec ce qui est devenu le starter pack du propriétaire désespéré : attendre que les squatteurs partent en vacances. Oui, parce qu’un squat, c’est épuisant, il faut bien souffler un peu au soleil. Maria, près de Carcassonne, a donc surveillé ses intrus comme un chasseur guette un gibier, jusqu’au moment béni où ils se sont envolés… Direction la Martinique. Là, elle a fait ce que n’importe quel être humain normal ferait : vider sa propre maison, changer la serrure, récupérer son bien. Une opération propre, rapide, efficace. À leur retour, les squatteurs découvrent la scène : plus d’affaires, serrure neuve, ambiance “check-out forcé”. On pourrait croire à une victoire écrasante du bon sens. Mais non. Parce qu’en France, le bon sens, c'est optionnel. Les squatteurs ont porté plainte. Et la justice s’est évidemment réveillée, pour la bonne personne : Maria. Elle risque désormais 7 ans de prison et 100 000 € d’amende pour… Avoir repris son propre logement. Oui, c’est ça, la phrase n’a pas de bug. Les squatteurs, eux ? Ah, eux risquent… attention… tenez-vous bien : 3 ans de prison et 45 000 € d’amende, sur le papier. Dans la vraie vie ? Une petite tape sur la main, un rappel à la loi, et un reportage compatissant sur leur “précarité”. Voilà. Maria : 7 ans. Les squatteurs : un café et un formulaire.

Bienvenue dans la France moderne.

Numéro 9 : le serrurier furtif

Pas besoin d’attendre que les squatteurs sirotent un mojito à l’autre bout du monde : parfois, une simple absence de quelques heures suffit pour reprendre son bien. À Bordeaux, une propriétaire n’a pas eu la patience d’écrire trois courriers recommandés, d’attendre six mois de procédure et de réciter un Ave Maria. Non : elle a fait ce que tout adulte normalement constitué ferait. Elle a appelé un serrurier. Chance du siècle : le squatteur était sorti. En une après-midi, opération militaire : affaires dehors, serrure changée, alarme installée. Hop. Maison récupérée. Efficace. Chirurgical. Presque élégant. Mais bien sûr… totalement interdit. Dans son cas, tout s’est bien passé sur le moment, mais elle reste passible de lourdes sanctions si le squatteur décide de se retourner contre elle. Mieux vaut être discret en changeant les serrures… Et avoir de bons avocats en réserve.

Puisqu’on ne peut pas les expulser (la loi nous l’interdit), autant emménager avec eux. Logique, non? Certains propriétaires ont développé cette stratégie de survie immobilière : la cohabitation forcée. Une sorte de colocation non consentie, mais où pour une fois, le propriétaire a aussi sa chambre. Deux exemples magnifiques : Le papy de Quimper, 71 ans, devenu colocataire malgré lui.

Un retraité a décidé d’appliquer la méthode “présence lourde”. Son locataire ne payait plus ? Pas de souci : papy s’est installé dans le studio, a refermé la porte derrière lui, et a vécu une semaine en colocation façon cellule disciplinaire. “C’est moi qui avais les clefs… On parlait parfois, ce n’était pas conflictuel”, dit-il. Effectivement : difficile de créer un conflit quand on ne peut plus sortir. Gêné par cette oppression passive-agressive de haute précision, le squatteur a craqué au bout d’une semaine et s’est enfui. Loyers impayés : perdus. Appartement récupéré : gagné.

Numéro 8 : camping carcéral.

Le propriétaire niçois devenu… Squatteur de lui-même. À Nice, un jeune de 29 ans a poussé le concept encore plus loin : il a squatté son propre studio. Oui, oui. Il est entré, il a installé ses affaires, il a mis celles de l’ex-locataire dans sa voiture (respect du climat social) et il a attendu. Quand l’autre est revenu avec des potes et une perceuse pour forcer la serrure (scène digne d’un braquage low cost), le propriétaire a appelé la police… En déclarant qu’il était le squatteur officiel de son propre logement. Et là, magie du système : ça a fonctionné. Il a remis les affaires du locataire fantôme aux autorités, s’est barricadé et vit depuis en otage volontaire dans son propre studio, car il sait que s’il sort acheter du pain… Quelqu’un d’autre pourrait prendre sa place. Bienvenue dans l’immobilier, niveau expert. Cette technique du “squatteur squatté” est juridiquement périlleuse, moralement discutable, logistiquement épuisante… Mais elle a un avantage considérable : elle marche. Et surtout, elle repose sur un principe simple : Qui craquera le premier ? Le propriétaire motivé ? Ou le squatteur qui n’a soudain plus d’intimité, plus de confort, et plus d’envie de vivre avec un inconnu qui respire fort à côté de lui ? Spoiler : ce n’est presque jamais le propriétaire.

Numéro 7 : le régime volontaire

Quand la justice n’avance pas, ce qui arrive statistiquement 9 fois sur 10 dans les affaires de squat, certains propriétaires dégainent l’arme ultime : le sacrifice de soi façon tragédie grecque. Oui : la grève de la faim. Parce qu’apparemment, c’est devenu un outil de négociation immobilière en France. Fabien, Mandelieu : “Rendez-moi ma maison, ou je m’évapore”. Dans les Alpes-Maritimes, Fabien, quinquagénaire, a décidé de faire ce que tout propriétaire normalement exaspéré finit par envisager : arrêter de manger. Il a bombé sur sa façade, en lettres immenses : « RENDEZ-MOI MA MAISON. GRÈVE DE LA FAIM ». Une œuvre d’art moderne, malheureusement très réaliste. Fabien campe devant chez lui, ne vit plus qu’à l’eau et au thé, et explique qu’il est prêt à aller jusqu’à l’hospitalisation pour récupérer son bien. La raison ? Un locataire-squatteur, autrefois ami (ne jamais mélanger amitié et business !), qui occupe son studio depuis 12 ans, refuse de partir pour laisser la place à la mère de 88 ans de Fabien. Donc pour résumer : Un fils veut loger sa mère âgée, un squatteur refuse, le fils arrête de manger... On a officiellement atteint le niveau “drame social premium”.

Marie-Claude, 73 ans, Nantes : la France découvre la grève de la faim immobilière. À Nantes, la situation est encore plus hallucinante. Marie-Claude, 73 ans, avait loué une simple chambre chez elle. Le locataire ne paye plus ? Pas grave. Il décide ensuite de prendre toute la maison... Littéralement! Il a même siliconé les serrures et neutralisé l’accès en confisquant la télécommande du volet. Quand elle a voulu porter plainte, la police a refusé… Parce que le squatteur avait déjà porté plainte contre elle. Pour violation de domicile. De son domicile à elle. À ce stade, on ne parle plus d’absurdité. On parle d’une expérience sociale grandeur nature menée par des fous. À bout, Marie-Claude installe une chaise Place Royale, brandit une pancarte et entame une grève de la faim. Une septuagénaire qui se prive de nourriture pour récupérer sa propre maison… Même Black Mirror n’avait pas osé aller aussi loin. Heureusement, la mairie finit par la soutenir, preuve que quelqu’un, quelque part, a encore un cerveau branché. Le plus ironique dans tout ça ? Dans aucun de ces cas, le squatteur n’a risqué quoi que ce soit d’approchant la gravité de ce que subit le propriétaire. Pas de grève de la faim, pas d’hospitalisation émotionnelle, pas de panique. Juste : une procédure longue, un toit gratuit, et parfois… La possibilité de déposer plainte contre le propriétaire. En France, pour reprendre sa maison, certains doivent cesser de manger. Les squatteurs, eux, semblent se porter parfaitement bien.

Numéro 6 : manu militari

Quand la police ne bouge pas, ce qui, rappelons-le, arrive dès que le mot “squat” apparaît dans un dossier, certains propriétaires passent à la solution expéditive : faire appel à plus musclé. C’est illégal, dangereux, moralement discutable… Mais pour beaucoup, c’est la seule option qui reste quand la loi dit “non” et que le squatteur dit “je reste”. L’affaire Karine : l’expulsion réussie… Suivie d’un aller simple vers la case tribunal. À Andernos, Karine, 55 ans, a tenu 6 mois avant de craquer. Elle contacte un certain “Bruno” sur Facebook. Pour 5 000 euros, le type envoie deux gars : intervention nocturne, affrontement, meubles dehors, squatteur expulsé. La maison est libérée. Mission accomplie. Sauf que… C’est la France. Karine se retrouve en garde à vue pour “association de malfaiteurs”. Verdict : 1 an de prison avec sursis pour elle, même peine pour ses deux acolytes et cerise sur le gâteau : le squatteur (oui, vous avez bien lu) reçoit 1 200 euros de dommages et intérêts, payé par la propriétaire. On croit à une mauvaise blague, mais non : c’est bien réel. Même des personnalités publiques s’en sont indignées, tellement la situation semblait sortir d’un sketch absurde.

Les versions “soft” du commando : harcèlement légal… Ou presque. Certains propriétaires, moins téméraires ou plus prudents, contactent des sociétés “officieuses”. Leur spécialité ? Des méthodes d’usure psychologique : présence lourde dans les parties communes, bruit constant, coupures d’eau (accidentelles, bien sûr), ambiance invivable pour inciter les squatteurs à partir d’eux-mêmes. Pas de violence directe, juste une pression atmosphérique subtile. Mais attention : même là, la frontière avec l’illégalité est aussi fine qu’une feuille de papier. Si le squatteur se plaint, ce qui arrive vite, c’est encore le propriétaire qui peut finir en garde à vue.

En résumé : engager un commando anti-squat ? Spectaculaire, oui. Payant, parfois. Mais en France, c’est surtout une façon rapide d’éjecter le squatteur… Et d’entrer soi-même dans le système judiciaire.

Numéro 5 :  le courant d’air

Puisqu’on ne peut pas toucher aux squatteurs (sacralisés par la loi comme une espèce protégée) on peut toujours s’attaquer à la maison elle-même. Et certains propriétaires ne manquent pas d’imagination. Dans le Pas-de-Calais, un bailleur, excédé par une famille qui ne payait plus le loyer depuis des lustres, a déployé une stratégie simple : transformer la maison en congélateur géant. Des ouvriers arrivent, prétextent des travaux et hop : toutes les portes et toutes les fenêtres retirées, en plein mois de décembre. Température extérieure : –4°C. Ambiance Igloo. Les occupants indésirables ont dû sortir les pulls, les doudounes et peut-être même l’envie de déménager. Honnêtement, en termes d’efficacité thermique, c’était brillant. Mais évidemment, la justice, elle, n’a pas trouvé ça drôle du tout. Le propriétaire a été condamné à remettre immédiatement portes et fenêtres, parce que, visiblement, laisser des squatteurs grelotter est bien plus grave que… Squatter.

Résultat : squatteurs au chaud, travaux à la charge du propriétaire, et une anecdote mémorable pour la famille : “Tu te souviens, chérie ? Cet hiver où le proprio avait ENLEVÉ la porte d’entrée ? On a failli devenir des pingouins.” Quant aux loyers impayés ? Disons que l’air frais n’a pas suffi à les faire apparaître. Au moins, on peut dire une chose : La maison n’aura jamais été aussi bien ventilée.

Numéro 4 : Oon casse tout !

Dans la famille “auto-démolition”, il y a encore plus fort que retirer portes et fenêtres : certains propriétaires sortent carrément la grosse artillerie. En 2025, à Audincourt, un bailleur tellement excédé par un locataire qui lui devait 25 000 € a décidé de faire ce que n’importe quel propriétaire vidé de patience finirait par envisager devant un mur… Il a pris une masse, et il a démoli le mur. Littéralement. Un bout de façade en moins, et d’un coup, l’ambiance s’est rafraîchie. Le plus beau ? Juridiquement, c’est clean. Le mur lui appartenait, donc détruire son mur n’est pas illégal. Le procureur a confirmé : on a le droit de fracasser sa propre maison. Grand courant d’air, mais zéro poursuite. Le locataire, lui, a probablement compris le message : “Quand le proprio casse les murs, c’est peut-être le moment de partir.” Mais certains vont encore plus loin dans le délire immobilier.

En Allemagne, un propriétaire agacé par un locataire récalcitrant a sorti… Une pelleteuse. Pas pour bricoler le jardin : non. Pour éventrer sa maison, directement. Le locataire était à l’intérieur ( indemne, heureusement) mais le pavillon, lui, est désormais bon pour la casse. La maison menace de s’effondrer, mais au moins, elle n’est plus squattée. Objectif atteint, si l’on ferme les yeux sur les 20 ans de crédits derrière. On appelle ça la méthode “terre brûlée” : Tu ne veux plus payer ? Parfait. Alors personne ne dormira ici. Ni toi, ni moi. Extrême, dangereux, ruineux, absurde… Et pourtant, étrangement efficace pour régler un litige locatif...

Numéro 3 :  la rançon

Et si, plutôt que d’expulser les squatteurs, on adoptait une stratégie plus “commerciale” : les payer pour partir. Après tout, tout le monde a un prix… Surtout ceux qui n’ont rien à faire là. En Espagne, cette idée est devenue un vrai business modèle : des squatteurs professionnels exigent une prime de départ du propriétaire. Oui, oui. Le squat 2.0 : tu veux récupérer ta maison ? Il faut sortir le chéquier. L’été dernier, à Sanlúcar de Barrameda, Carlos achète une belle villa de 250 m² avec piscine. Le rêve. Sauf qu’en ouvrant la porte… Il découvre un couple installé comme chez eux. Et là, ils annoncent leur tarif : 15 000 € pour dégager. Une sorte de “frais de sortie” du squat, version luxe. Carlos refuse ; les squatteurs baissent alors le prix à 11 000 €. Un geste commercial, presque une promo. Ils expliquent, très sérieusement, que la procédure d’expulsion pourrait durer des années s’il ne “collabore” pas. C’est beau, la négociation. Le meilleur arrive ensuite : pendant qu’il essaie de comprendre comment il en est arrivé là, Carlos apprend que le couple… A tenté de mettre sa villa en vente. Comme si c’était la leur. Les voisins préviennent la Guardia Civil : intervention express, fin du délire. Finalement, les squatteurs quittent les lieux sans un centime. Sans doute pour éviter la prison. Mais Carlos, lui, récupère une maison ravagée : nettoyage intégral, réparations, électroménager volé à remplacer. Bref, la vraie rançon, il l’a payée en travaux.

Numéro 2 : le chasseur

C’est bien connu : les Anglo-Saxons ont un business pour tout. Et quand la France s’enlise dans des procédures de 18 mois pour expulser un squatteur, les Américains, eux, ont trouvé une solution beaucoup plus simple : squatter… les squatteurs. Oui, une profession entière est née : des types qui s’introduisent dans votre maison squattée pour aller y vivre à la place des intrus, jusqu’à ce que ces derniers craquent. C’est le “squat inversé”. Le pionnier du genre s’appelle Flash Shelton. Une légende. Il documente tout sur YouTube, et s’est autoproclamé premier “Squatter Hunter” de l’histoire. Sa méthode ? Un mélange de commando, de télé-réalité et de chaos calculé. Il débarque en équipe chez le squatteur et transforme la cohabitation en enfer logistique : il s’installe dans le salon, il monopolise la télécommande, il met la musique à fond, il vide le frigo, il enchaîne les cafés (avec vos dosettes), il finit vos Cheetos, il salit la salle de bain et il documente tout à la caméra.

Le message est clair : “Tu veux squatter ? Très bien. Mais tu vas me supporter.”

Et comme Flash ne fait rien à moitié, il présente même un faux bail à son nom pour expliquer au squatteur que, désormais, c’est lui l’intrus. Effet psychologique garanti : dans un cas filmé, le squatteur a quitté les lieux avant même le petit-déjeuner. Son idée lui est venue quand la maison de sa propre mère a été squattée. Il a rédigé un bail le nommant locataire officiel, a attendu que la squatteuse sorte faire une course, s’est installé, et lui a expliqué gentiment que si elle revenait, il appellerait la police pour la faire sortir. En tant qu’intruse, évidemment. Résultat : elle a plié bagage dans la journée.

Depuis, Flash Shelton est devenu une sorte de Robin des Bois version propriétaire, qui facture ses interventions et publie ses exploits comme un super-héros du real estate. La prochaine fois que votre villa est squattée à Los Angeles, vous savez qui appeler. En France ? Oubliez. Le mec serait arrêté avant d’arriver au salon, probablement pour “violation du domicile d’un squatteur en situation émotionnellement précaire”. Mais il faut l’admettre : comme technique d’expulsion, c’est à la fois complètement fou… et diablement efficace.

Numéro 1 : la conclusion

En guise de conclusion, rappelons une vérité qui donne envie de hurler : dans la majorité de ces histoires, c’est le propriétaire qui finit avec plus d’ennuis que le squatteur. Oui, dans ce pays, reprendre son propre logement peut vous coûter plus cher que de l’occuper illégalement. La loi protège le “domicile”, même illégal, même obtenu par effraction, même occupé depuis avant-hier, mieux que la propriété elle-même. Résultat : se faire justice soi-même, même en mode “je change juste une serrure”, peut vous catapulter directement devant un juge.

Quelques dernières pépites pour la route :

Lyon : les squatteurs dédommagés, le propriétaire puni : un gestionnaire tente de récupérer son appartement squatté pendant la trêve hivernale. Les deux squatteurs étant sortis quelques heures, il mure l’entrée et poste un vigile. Simple, efficace, propre. Mais les intrus, un serrurier et une institutrice installés depuis juillet, portent plainte pour violation de domicile. Verdict : 6 000 € d’indemnisation pour les squatteurs. Oui, vous avez bien lu : le propriétaire a dû dédommager ceux qui squattaient chez lui. On atteint ici un niveau d’absurdité difficile à mesurer sans instrument scientifique.

On a vu des propriétaires prendre de la prison avec sursis pour avoir tenté d’expulser eux-mêmes un squatteur. D’autres ont été placés en garde à vue pour avoir simplement essayé… D’entrer chez eux. Et jusqu’à récemment, on avait même un système lunaire où : changer la serrure de sa propre maison = peine plus lourde que squatter la maison d’autrui. Heureusement, depuis 2023, les sanctions ont été “alignées” : 3 ans de prison et 30 000 € d’amende pour le propriétaire trop zélé, 3 ans et 45 000 € pour le squatteur. Sur le papier, au moins. Dans les tribunaux, c’est une autre histoire.

Bref : dans cette galaxie parallèle qu’est le squat, les rôles s’inversent. Le propriétaire devient suspect. Le squatteur, victime. Et la justice, parfois, semble vivre dans un escape game juridique dont elle seule connaît les règles. La morale ? Mieux vaut réfléchir à deux fois avant de jouer au héros. La voie légale est lente, pénible, souvent absurde… Mais les méthodes “créatives” de ce top, même si elles font rire par leur ingéniosité, se soldent souvent par des ennuis bien plus importants pour le propriétaire que pour le squatteur. Comme on dit : « Nul n’est censé se faire justice soi-même »…